Le bitcoin a glissé de son sommet à 126 000 dollars (octobre 2025) jusque sous les 60 000 dollars début juin 2026, soit une perte d’environ 44 % en quelques mois. Le moteur principal de cette chute tient à un retrait massif des capitaux institutionnels, amplifié par des liquidations forcées et un climat géopolitique tendu. Au 15 juin 2026, le BTC remonte autour de 65 000 dollars après l’apaisement des tensions entre les États-Unis et l’Iran. Voici ce qui explique ce décrochage et ce que disent les prévisions.
De combien le bitcoin a-t-il chuté ?
La correction s’est déroulée en plusieurs vagues. Après un pic historique proche de 126 000 dollars en octobre 2025, le cours est d’abord retombé vers 80 000 dollars, une respiration jugée normale. Le vrai basculement survient mi-janvier 2026, quand le bitcoin échoue à reconquérir les 100 000 dollars. Ce rejet change la perception du marché et transforme l’attentisme en ventes défensives.
Le mouvement s’accélère au printemps. Le 1er juin, le BTC passe sous les 70 000 dollars, une « rupture psychologique » selon les analystes. Le 5 juin, il tombe sous les 60 000 dollars, une première depuis octobre 2024. Sur cette seule semaine, la reine des cryptos perd près de 13 % de sa valeur et affiche un recul d’environ 29 % depuis le début de l’année. Depuis son sommet d’octobre, la perte atteint 44 %.
Un signal venu de l’infrastructure confirme la pression : la difficulté de minage a reculé de 10 % à la mi-juin, l’un des plus gros ajustements jamais enregistrés. Quand les prix baissent, certains mineurs débranchent leurs machines devenues non rentables, ce qui allège mécaniquement le réseau.
Pourquoi le bitcoin chute-t-il en 2026 ?
Aucune cause unique n’explique ce repli. La baisse résulte d’un enchaînement de facteurs qui se renforcent mutuellement :
- les sorties de fonds des ETF bitcoin : trois semaines consécutives de rachats nets, avec 1,2 milliard de dollars retirés du seul iShares Bitcoin Trust entre le 1er et le 4 juin ;
- les liquidations forcées : environ 1,8 milliard de dollars de positions effacées en 24 heures, dont une large part de positions longues à effet de levier ;
- les tensions géopolitiques : la crainte d’une instabilité dans le détroit d’Ormuz a poussé les investisseurs à fuir les actifs risqués ;
- l’incertitude réglementaire aux États-Unis autour du « Clarity Act », qui freine les institutionnels ;
- la rotation vers les actions liées à l’IA, qui aspire les capitaux loin des cryptomonnaies.
Cet effet domino transforme une correction attendue en chute rapide. Chaque facteur isolé reste gérable, mais leur convergence assèche la demande au pire moment.
Le retournement des ETF et des gros détenteurs
Les ETF bitcoin au comptant avaient porté la hausse en attirant des milliards de capitaux institutionnels. Leur reflux retire l’un des principaux piliers de la demande. Un événement a marqué les esprits : Strategy, la société qui détient le plus de bitcoins au monde avec 843 000 BTC, a vendu une partie de ses avoirs pour la première fois depuis fin 2022. Venant du plus fervent défenseur du bitcoin, ce geste a sapé la confiance des particuliers.
Tous les spécialistes ne lisent pas ces sorties comme une défiance durable. Pour certains gérants, les flux d’ETF fluctuent au gré des rééquilibrages de portefeuille et ne traduisent pas un abandon du bitcoin sur un horizon de plusieurs années.
Quand l’IA détourne les capitaux de la crypto
Le facteur le plus structurant tient à un déplacement de l’appétit pour le risque. Les investisseurs réorientent leurs liquidités vers les valeurs technologiques et l’intelligence artificielle. Tant que le Nasdaq-100 progresse fortement sur un an, la crypto perd son statut d’actif de croissance vedette.
« Qui a besoin des cryptomonnaies alors que le Nasdaq-100 affiche une hausse de 43 % en glissement annuel ? »
Cette bascule fait passer le bitcoin d’un placement porté par la dynamique de marché à un pari à contre-courant. Le BTC récompense désormais les investisseurs attentifs aux fondamentaux plutôt que ceux qui suivent l’engouement médiatique. La même soif de rendement qui dopait la crypto profite maintenant aux entreprises qui construisent les modèles et les puces de l’IA.
Le bitcoin va-t-il remonter ?

Personne ne le sait. Le bitcoin reste un actif d’une volatilité extrême, capable de corrections de 50 à 80 % comme de rebonds violents. Au 15 juin, l’accalmie géopolitique entre Washington et Téhéran a déjà déclenché un rebond technique vers 65 000 dollars, avec 246 millions de dollars de positions vendeuses liquidées. Les analystes surveillent un retour des entrées positives sur les ETF comme signal d’une reprise plus solide.
Les prévisions divergent fortement, ce qui invite à la prudence :
| Source | Horizon | Fourchette évoquée |
|---|---|---|
| Mike McGlone (Bloomberg) | court terme | retour possible vers 50 000 $ |
| Mark Palmer (Benchmark) | fin 2026 | jusqu’à 225 000 $ |
| JPMorgan | non daté | environ 170 000 $ (parité or ajustée) |
| Standard Chartered | 2030 | 500 000 $ |
Ces écarts résument l’incertitude du moment. Les niveaux techniques à surveiller restent le support des 63 000 dollars, dernière ligne de défense des acheteurs, et la résistance des 85 000 dollars, dont le franchissement rouvrirait la voie vers les 100 000 dollars. Cet article ne constitue pas un conseil d’investissement : la trajectoire du bitcoin dépend de paramètres macroéconomiques et de flux que nul ne maîtrise.







