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Journée d'étude : « Intelligence artificielle et travail Quels enjeux pour les travailleurs et les travailleuses ? »

Présentation d’une synthèse des travaux du colloque « IA et les transformations du Travail »

26 janvier 2024

Résumé de la journée d’étude

Les conséquences du développement de l’intelligence artificielle (IA) sur la société suscitent d’importantes controverses politiques, sociales, éthiques. Malgré une adoption de l’IA encore relativement faible au sein des organisations, les premiers outils dévoilés – à l’instar de ChatGPT- laissent entrevoir que l’IA peut à l’avenir profondément bouleverser la configuration des emplois et la nature du travail. L’IA n’est pas une étape supplémentaire dans la performance technique, c’est un changement de paradigme, de rapport à la technologie dans nos vies, qui touchent désormais tous les secteurs d’activité. Le mouvement ouvrier, le syndicalisme, les comités d’entreprises, et plus généralement les travailleurs doivent s’emparer de cette question et en maîtriser les enjeux.

Catastrophistes ou enchantées, les résultats des premières enquêtes sur l’utilisation de l’IA sont en fait très partagés. La plupart des études annoncent des disparitions massives d’emplois de toutes catégories (en général 30% des emplois occupés), et notamment des emplois à qualification élevée. D’autres signalent, à partir des avis d’employeurs, de probables conséquences positives : davantage de satisfaction au travail, de santé et d’amélioration des situations des travailleurs handicapés. Les études semblent s’accorder sur une très forte augmentation des marges de rentabilité dégagées par l’IA. Est-ce bien là l’enjeu ?

Au-delà des risques de destruction massive et rapide d’emplois, ce sont aussi les changements potentiels de la nature des emplois et de la qualité du travail qui risquent d’être très profonds, rapides et insaisissables. La possible libération des tâches automatiques ou répétitives va-t-elle libérer du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée, pour une création d’emplois de qualité, pour une émancipation d’un grand nombre de salariés ? L’introduction et l’expérimentation de robots autonomes, de technologies auto-apprenantes, d’algorithmes, dans les secteurs de l’industrie, de la santé, des ressources humaines, de la justice et de l’éducation, de la police, nous obligent à mieux connaître cette réalité et à penser les finalités.
Pourquoi, comment et qui fabrique cette nouvelle technologie et quel contrôle ont les salarié.es et les citoyen.nes sur ces nouveaux outils qui arrivent dans nos vies ?

L’impact des outils de l’IA sur le travail humain est-il annonciateur d’un « management algorithmique », c’est-à-dire d’une gestion des conduites humaines et des relations de travail à l’aide d’instructions d’un logiciel ? Ces premiers questionnements appellent donc des analyses croisant les points de vue. Ils appellent aussi l’élaboration collective d’outils pour que les salariés puissent non seulement s’approprier ces débats mais aussi résister aux changements les plus dévastateurs du travail humain dont l’IA peut être porteuse.